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La noblesse d'ancien régime se divise en famille de noblesse d'extraction et famille de noblesse par anoblissement.
La noblesse d'extraction, aussi appelée immémoriale, d'origine ou de race, comprend les familles en possession d'état noble à un moment donné, dont la source de noblesse est inconnue, perdu dans la nuit des temps. La noblesse de ces familles n'est valable que dans la mesure où le souverain les " maintient" dans leur état de noblesse et privilèges afférent par un acte d'autorité. Louis XIV, voulant dresser le catalogue des nobles du royaume, prescrivit en 1666 à ses intendants de vérifier les titres des privilégiés; la preuve centenaire suffisait. Ce sont les fameuses grandes recherches, fondement juridique de presque toute noblesse d'extraction. Toutes les familles d'extraction n'ont donc pas de source régulière de noblesse connue, mais une possession d'état noble, au moins centenaire, et ont été maintenues dans cette situation par le souverain.
On distingue la
noblesse d'extraction, (noblesse immémoriale avec constat
d'état) :
Extraction simple:
famille dont la filiation prouvée ne dépasse pas le XVIème
siècle.
Ancienne extraction:
famille dont la filiation noble prouvée atteint le XVème
siècle.
Extraction chevaleresque:
famille d'ancienne extraction réunissant, en outre, deux
qualités: atteindre le XIVème siècle et y avoir l'état de
chevalerie qui est, entre autres traits, un état militaire,
rappelons-le.
Les familles de noblesse par anoblissement (noblesse de promotion par changement d'état) :
Au contraire des familles d'extraction,ont vu changer leur état par un acte formel de volonté du souverain. On peut distinguer les anoblis par charges et par fonctions.
Anobli par lettres:
le mode le plus simple d'acquérir la noblesse est la concession
de lettres de noblesse par le souverain. Cette forme
d'anoblissement est instantanée ou presque mais parfois suivie
de révocation, comme en 1715, dans le but de faire payer
l'anobli, dans le but de rester noble.
Anobli par charges: ce
sont les hauts emplois de caractère patrimonial, donc vénaux,
qui devaient être tenu pendant un certains temps, avant
d'apporter aux titulaires une noblesse héréditaire ( en
général vingt ans pour deux générations, la mort en charge
dispensant des vingt ans). Citons trois grand corps non
centralisés: parlement (14), cour des comptes (13), bureau des
finances ( un pour chacune des 36 généralités), exigeant en
principe deux générations ( sauf une pour Paris et parfois
Grenoble, Dole, Montpellier, etc.).
Citons aussi la fameuse charge de chancellerie de conseiller-secrétaire
du roi, maison et couronne de France, devenue au
XVIIIème siècle une simple sinécure, d'un prix exorbitant car
elle anoblissait, d'où son succès et le surnom vengeur de
savonnette à vilain donné par la vieille noblesse.
Anobli par fonctions:
essentiellement les fonctions municipales de maires et parfois
d'échevins (Paris, Lyon, et Capitouls de Toulouse) de certaines
villes privilégiées (16) auxquelles on peut rattacher les
notables de Perpignan. Accessoirement après l'édit de 1750
créant la noblesse militaire, les officiers généraux
(maréchal de camp était le premier grade) et la troisième
générations de chevalier de Saint-Louis ( ce qui montre a
contrario que les roturiers avaient jadis place dans
l'armée jusqu'au plus haut grade).
Au terme d'un processus révolutionnaire trop connu pour être rappelé ici, Louis XVI roi des Français signe le 23 juin 1790 les lettres pattentes du décret abolissant "pour toujours" la noblesse héréditaire.
La noblesse est rétablie au XIXème siècle après la tourmente révolutionnaire. Mais il s'agit désormais d'une noblesse purement honorifique, c'est à dire fondamentalement différente de la noblesse de l'ancien régime qui constituait le second ordre de l'état. Cette nouvelle noblesse doit son existence aux cinq souverains qui ont régné de 1804 à 1870.
La noblesse d'empire: cette noblesse napoléonienne malgré ses quelque 3300 titrés (34 princes et ducs, 417 comtes, 1550 barons et 1317 chevaliers selont la liste de Jean Tulard), n'aura pas le temps en six ans (1808-1814) de s'imposer et se fondra progressivement dans la noblesse "royale".
Restauration: la noblesse est cette fois explicitement concernée avec l'article 71 de la charte du 4 juin 1814: la noblesse ancienne reprend ses titres, la nouvelle (celle de Napoléon) conserve les siens. Le roi fait des nobles à volonté, mais il ne leur accorde que des rangs et des honneurs, sans aucune exemption des droits et des devoirs de la société. Louis XVIII fait ainsi plus que précher la réconciliation et dans ce domaine comme dans d'autres, il traduit cette politique par des actes concrets. On observera que la notion de titres de l'article 71 est ambiguë et que Louis XVIII et Charles X accorderont souvent de simples lettres de noblesse dans la bonne tradition de l'ancien régime, c'est à dire sans faire, dans le même temps, des comtes ou des barons.
Après 1830: Louis-Philippe et Napoléon III reviendront à la noblesse titrée au sens napoléonien et la Troisième République légiférera sur les titres en évitant le mot noblesse comme en 1808.
1870 est une date importante (
sans comne mesure cependant avec 1789 ou 1790) car c'est celle de
la chute du dernier monarque français, Napoléon III,
suceptible, à ce titre d'anoblir un de ses ressortissants. Les
anoblissements du XIX siècle étant purement honorifique et un
peu assimilables à des décorations héréditaires, on a pu
s'interroger sur la survie juridique de la noblesse en France
sous la république et même sur l'éventuel droit régalien du
chef de l'Etat de décerner un titre.
Il est de fait que la Troisième République n'a jamais
formellement abrogé la noblesse pour la raison qu'à ses débuts
elle préparait une restauration monarchique. Le comte de
Chambord ayant refusé le trône, les parlementaires votèrent en
1875 une constitution " orléaniste" donnant un mandat
suffisament long (sept ans) au président (le monarchiste
maréchal de Mac-Mahon) pour lui permettre d'attendre l'éventuel
décès de "l'enfant du miracle" de 1820 et passer le
relais au comte de Paris. On connaît la suite.
Extraits du "Catalogue de
la noblesse Française" de Régis VALETTE aux
éditions Robert Laffont.
J'engage chacun à acheter ce livre qui est une
source admirable. Régis Valette a fait un travail remarquable.
http://genevoute.free.fr ou http://www.memodoc.com
Pour ce qui est de la suite, les "guerres" et procédures de succession éclatèrent et pour ceux d'entre vous qui souhaiteraient savoir qui aujourd'hui à droit à la succession sur le trône de France, je vous conseille d'allez voir l'institut de la maison de Bourbon sur http://www.royaute.org et de lire les pages qui concernent ce sujet. Vous pourrez alors vous faire votre propre idée de la chose. Comte de Paris ou duc d'Anjou, duc d'Anjou ou comte de Paris ? Je vous laisse méditer le sujet...
(c). 1998-2002 . Harald de Maillard
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